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Recension des écrits

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6. REDÉFINITION DES RÔLES

b. Enseignantes et enseignants

«Pour Albert Einstein, ‘le rôle essentiel de l’enseignant est d’éveiller la joie de travailler et de connaître’» (Fourgous, 2012, p. 8)172. Cette phrase garde encore aujourd’hui tout son sens. Les enseignantes et enseignants devraient agir aujourd’hui comme des agents de changement, c’est-à-dire comme artisans et architectes du savoir (Westfall-Greiter, 2013)173. On passe d’une logique d’enseignement à une logique d’accompagnement. Dans son rapport, Fourgous (2012, p. 87)174 relate les propos de la Commission internationale de l’UNESCO sur l’éducation au 21e siècle au sujet des rôles de l’enseignante et de l’enseignant «de plus en plus appelé à établir une relation nouvelle avec l’apprenant, à passer du rôle de soliste à celui d’accompagnateur, devenant désormais non plus tant celui qui dispense les connaissances que celui qui aide ses élèves à trouver, à organiser et à gérer le savoir, en guidant les esprits plutôt qu’en les modelant».

Cette façon de faire impose aussi une évolution vers un enseignement hybride combinant du temps en présentiel dans la salle de classe, en ligne, en regroupements informels hors du cadre scolaire, là où l’apprentissage devient continu et pluriel. Dans ce cas, l’enseignement s’intègre aux réseaux à l’extérieur des murs de la salle de classe et de l’école. Les rôles de l’enseignante et de l’enseignant se redéfinissent progressivement.

John Hattie (2102)175 attribue à l’enseignante et l’enseignant un rôle d’activateur. En d’autres mots, les enseignantes et les enseignants aident les élèves à «activer» leurs propres pensées et à se fixer des objectifs, dans un contexte d’apprentissage par problèmes. Selon Hattie (Ibid., p. 161, traduction libre), les enseignantes et enseignant doivent dorénavant :

  • «avoir une compréhension approfondie de la matière ;
  • faciliter un apprentissage en profondeur ;
  • encourager l’apprentissage et savoir à quel moment fournir une rétroaction pour faire progresser les élèves ;
  • développer la pensée métacognitive des élèves ;
  • fournir des preuves positives liées aux apprentissages des élèves ;
  • prendre conscience des gestes posés et des effets positifs ressentis par chaque élève lors des échanges formels et informels en classe ;
  • aider les élèves à apprendre à apprendre de façon autonome pour la vie durant».

Pour sa part, Prensky (2010, adaptation de l’anglais, p. 108)176 estime que les enseignantes et enseignants doivent assumer sept rôles qui se traduisent comme suit : 1) l’accompagnateur, soit celui qui aide les élèves à trouver et à poursuivre leurs intérêts et leurs passions ; 2) le guide, soit celui qui montre la voie en vue de soutenir les intérêts et les passions des élèves tout au long de l’apprentissage ; 3) le questionneur, soit celui qui pose des questions et présente des défis afin de développer l’esprit critique et la capacité d’enquête ; 4) le concepteur pédagogique, soit celui qui varie ses activités d’apprentissage et ses outils technologiques pour guider les élèves dans leur recherche de réponses aux questions et défis posés ; 5) le gardien du contexte, soit celui qui s’assure que les élèves se posent les bonnes questions afin de résoudre les problèmes et les défis posés en respectant le contexte réel ; 6) le champion de la rigueur, soit celui qui établit le seuil minimal à atteindre afin que les élèves poursuivent et approfondissent leurs apprentissages, et celui qui varie, pour ce faire, les mécanismes d’évaluation (formative, par les pairs et autoévaluation) pour permettre aux élèves de se situer dans la progression de leurs apprentissages et, enfin, 7) l’assureur de la qualité, soit celui qui évalue avec rigueur, effectue un contrôle de qualité et commente le travail des élèves de façon continue.

Ainsi, les enseignantes et enseignants doivent favoriser l’engagement des élèves en s’appuyant sur la passion et les sujets d’actualité, la résolution de problèmes découlant d’enjeux présentant un défi, puis la créativité et la productivité. Ils doivent d’autre part, guider les élèves dans l’utilisation de la technologie (Prensky, 2012a)177. Les élèves utilisent souvent une pléiade d’outils technologiques parfois inconnus des enseignantes et des enseignants. En ce sens, cette relation qu’ont les élèves avec ces outils devrait être une inspiration pour les enseignantes et les enseignants afin de planifier des activités en mettant à profit les forces et les habiletés de chaque apprenante et apprenant. Les rôles de ces derniers consistent toutefois à fournir un cadre d’apprentissage dans lequel les élèves apprennent une utilisation juste et responsable de la technologie (Fullan, 2013a178, 2013b179; Prensky 2012a180, 2012b181). Il est important de favoriser l’utilisation d’une variété riche d’outils technologiques tout au long de l’apprentissage. Il ne s’agit pas de créer des activités où les élèves apprennent le fonctionnement d’un outil, mais plutôt de développer des activités où ils se servent des outils afin de progresser dans leur travail. Ainsi, l’enseignante ou l’enseignant pourrait privilégier, par exemple, donner de la rétroaction de façon virtuelle en annotant les activités et le portfolio numérique des élèves. Ce genre de rétroaction au service de l’apprentissage donne lieu à des explications claires et précises lorsque l’enseignante ou l’enseignant, par exemple, utilise des outils de correction virtuels pour iPad, Mac, Chromebook tels qu’une plume Wacom et une tablette Bamboo, pour ne nommer que ceux-là, et fait une capture d’écran d’une vidéo. Cette façon de faire conscientise les élèves à des moyens de communication du 21e siècle.